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Bellamy
Théâtre Gérard Philipe
Centre dramatique national
de Saint-Denis
59 Boulevard Jules Guesde
93207 Saint-Denis cedex
Administration:
+ 33(0) 1 48 13 70 10
Renseignements et réservation:
+ 33(0) 01 48 13 70 00
Fax: + 33(0) 1 48 13 70 11
E-mail :
info@theatregerardphilipe.com |
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En 1902 la municipalité fait construire Boulevard Jules
Guesde une salle des fêtes - dont la charpente métallique
a été dessinée par les ateliers Eiffel - réaménagée
ensuite bizarrement avec loges et balcons, dans laquelle se mêlent
matches de catch, représentations dramatiques ou lyriques, remises
de prix, de médailles, bals du samedi soir, galas et meetings
politiques. Un bâtiment polyvalent qui, après différentes
modifications, est aujourd'hui le Théâtre Gérard
Philipe.
Au début des années 50, l'aventure du Théâtre National Populaire porte en banlieues
ouvrières ce "luxe inaccessible" qu'est devenu le
théâtre, Jean Vilar et ses comédiens se retrouvent
dans cette salle municipale à l'acoustique calamiteuse et devant
des fauteuils vides. Quasiment personne pour L'Avare, pas mieux
lors de La Mort de Danton. L'expérience ne dure que le
temps de quelques représentations.
En 1960, le Théâtre est baptisé
Gérard Philipe en hommage à l'artiste décédé
l'année précédente.
1960 - 1966. Jacques Roussillon en est le directeur.
En 1963, il fait sortir le théâtre de l'anonymat avec la
pièce d'Arthur Adamov Printemps 71, mise en scène
par Claude Martin.
A cette époque, le métro s'arrête encore aux portes
de Paris. Navettes, prix des places abordable, horaires aménagés
doivent permettre de conquérir un public dans les classes laborieuses.
En 1965, on retape , on agrandit la scène, on change les fauteuils,
on refait la peinture.
1966 - 1976. José Valverde succède
à Jacques Roussillon.
Ancien assistant et comédien dans la troupe de Jean-Marie Serreau,
co-fondateur du Franc Théâtre, une compagnie qui s'était
donnée pour tâche de sillonner la banlieue, il quittera
Saint-Denis en 1976. Dix années de travail en équipe
(composée de neuf comédiens permanents), de rêves
et d'espoirs ; d'animations dans les comités d'entreprises, les
écoles, sur les marchés et dans les cités HLM.
Sur scène, les productions de José Valverde alternent
avec celle de Jacques Luccioni et de son Centre lyrique populaire de
France.
En 1968, on casse le théâtre, on rénove,
on transforme, on améliore l'accueil, la salle, l'ensemble des
équipements.
1976 - 1986. René Gonzalez prend la direction
du Théâtre Gérard Philipe.(1)
Sorti de l'École de la rue Blanche (ENSATT)
il est comédien dans la troupe de José Valverde, administrateur
puis codirecteur chargé de la programmation. Après la
démission de José Valverde, il est nommé au pied
levé directeur du théâtre redevenu strictement municipal
(privé de la subvention du secrétariat d'État à
la Culture, aide accordée alors nominativement aux directeurs
de compagnies dramatiques). Il développe alors rapidement des
moyens de production et, par une programmation hors pair, fait du Théâtre
Gérard Philipe l'un des plus grands théâtres de
la région parisienne. Il fait découvrir le Groupe TSE
(Alfredo Arias) avec la première version des Peines de cur
d'une chatte anglaise, produit La Bête dans la jungle
avec Delphine Seyrig et Sami Frey ; il accueille Klaüs-Mikaël
Grüber avec Sur la grand-route de Tchekhov à la Chapelle
espagnole de La Plaine Saint-Denis, fait jouer Dell'Inferno mis
en scène par André Engel le long de la voie ferrée
Gare du Nord - La Plaine.
Dans le même temps, il parcourt l'Europe et revient avec des spectacles
inédits en France de : Giovanna Marini, Hauser Orkater (Les Chiens
Mexicains), Mike Figgis, Jan Fabre,
Mechtild Grossmann, Megumi Satsu, etc.
Au "Terrier" se succèderont Michel Hermon, Anna Prucnal,
Richard Bohringer, pendant que les plus grands acteurs jouent sur la
scène du Théâtre Gérard Philipe : Gérard
Desarthe, Philippe Clévenot, David Warrilow, Alain Ollivier,
ou que démarrent de jeunes metteurs en scène comme Saskia
Cohen-Tanugi et son décoiffant Marchand de Venise avec
notamment Denis Lavant .
Le 1er janvier 1983, le Théâtre Gérard
Philipe de Saint-Denis devient Centre Dramatique National de création
et de diffusion dramatiques.
1986 - 1989. Daniel Mesguich, succède à
René Gonzalez. Il a 33 ans. Élève d'Antoine
Vitez et de Pierre Debauche au Conservatoire, il a fondé
une compagnie doublée d'une école, le Théâtre
du Miroir.
1989 - 1997. Jean-Claude Fall succède à
Daniel Mesguich.
Il quitte alors la direction du Théâtre
de la Bastille où depuis 1982 il faisait se succéder
tout ce que la création contemporaine comptait alors de plus
inventif, pour prendre celle du Théâtre Gérard Philipe.
Il y monte quatre Tchekhov - Ivanov, Platonov, les Trois Soeurs,
Oncle Vania - en une seule saison. En 1992, Chef-lieu
d'Alain Gautré ; en 1993, Le Procès de Jeanne
d'Arc, textes de Bertolt Brecht, Anna Seghers et Charles
Péguy, puis Tempête sur le pays d'Egypte de Maurice
Taszman, adaptation Pierre Laville ; Voyage au pays sonore ou l'art
de la question de Peter Handke; en 1995, Hercule
Furieux et Hercule sur l'ta de Sénèque
en 1996.
Sous l'impulsion de Jean-Claude Fall, l'idée d'un metteur en
scène et d'une troupe de comédiens faisant partie intégrante
de l'équipe travaillant au théâtre voit le jour.
Il établit alors un cycle de résidences avec :
1991-1994. Stanislas Nordey et sa compagnie
1992-1994. Catherine Anne
1994-1996. Le Théâtre Cazaril (Antoine
Caubet, Elisabeth Moreau, Claire Aveline et Thierry Paret)
1996-1997, le Théâtre des Lucioles
Il programme aussi des festivals parmi lesquels : Africolor
( festival dirigé par Philippe Conrath, qui présente trois
soirées autour de Noël consacrées à la musique
mandingue, aux musiciens venus d'Afrique, de Madagascar ou de l'île
de la Réunion) et Enfantillages en Seine-Saint-Denis,
8ème édition en 1997 de spectacles pour les grandes
et les petites personnes, réalisé en collaboration avec
Le Cargo de Grenoble.
Depuis 1993 la grande salle porte désormais
le nom de Roger Blin et son rideau de scène est un fameux
"Carré basculé", de six mètres de haut
et dix mètres de large, conçu par le plasticien François
Morellet.
Stanislas Nordey succède à Jean-Claude
Fall en 1997.
Il retrouve ainsi le Théâtre Gérard Philipe après
trois années passées avec les comédiens de sa compagnie,
en résidence au Théâtre
de Nanterre-Amandiers.
Il y développe un projet dit "Théâtre Citoyen"
et parie sur une ouverture du théâtre toute l'année,
un prix de places unique à 50F, la production et l'accueil de
jeunes compagnies et de nouveaux auteurs.
Dans Passions civiles (2) aux Editions La Passe du Vent, Stanislas
Nordey et Valérie Lang témoignent de leur projet et de
leur analyse de ce que furent les années de crise du Théâtre
de Saint-Denis.
Stanislas Nordey quitte volontairement la direction du Théâtre
Gérard Philipe le 31 décembre 2001.
Alain Ollivier
est nommé directeur au 1er janvier 2002.
Notes
(1) Du Théâtre comme il n'était pas à
prévoir mais comme il est à espérer. Le Théâtre
Gérard Philipe de Saint-Denis. Par Dominique Darzacq. Éditions
Solin. 1985
(2) On y lira le "Manifeste pour un Théâtre Citoyen".
1998. |
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Alain Ollivier prend ses fonctions avec la collaboration d'un architecte-conseil, Patrick Bouchain*. Avec lui, le directeur technique du théâtre Jean-Marc Oberti et le scénographe. Daniel Jeanneteau, il organise un groupe de réflexion sur l'état du bâtiment et sa possible reconversion. La ville avait relevé la cohérence de cet avant-projet à la présentation du schéma directeur sorti de ces observations.
De cet avant-projet, ne seront réalisés que la salle de répétition dans l'ancien cinéma contigu au bâtiment central, l'aménagement d'un gradin face à la scène Roger Blin et la réhabilitation de la façade dans son dessin d'origine.
Conscient du bien-fondé des initiatives de ses prédécesseurs et de la responsabilité pédagogique d'un Centre Dramatique National, Alain Ollivier nomme un responsable pédagogique pour l'organisation et la réalisation des ateliers d'initiation à l'art dramatique dans les collèges et les lycées. Celui-ci, assisté d'un responsable administratif, choisit les artistes intervenants , en relation avec les enseignants, entretient les relations avec les directions des établissements scolaires et l'Académie. Il est sous la seule responsabilité du directeur.
Le projet d'Alain Ollivier était clairement exprimé dans son livre Piétiner la scène* . Il avait pour perspective de convaincre le public par la représentation des classiques les plus proches de la modernité et celle des œuvres contemporaines significatives.
Maintenant l'orientation de son prédécesseur et celle qui a fait la réputation du Centre Dramatique National, il construit ses programmations en affichant des spectacles réalisés par ceux de la génération qui arrive à maturité et qui conçoivent la scène du théâtre comme
« l'espace où se délie la langue ».
On retiendra notamment les mises en scène de Daniel Jeanneteau – artiste associé dès 2002 – de Richard Brunel, de Jean-René Lemoine, de Marc Paquien, de Célie Pauthe, d'Aurélia Guillet et de Lukas Hemleb.
Au cours de son second mandat, Alain Ollivier s'est attaché à confirmer et à développer ce qu'il avait ébauché à son arrivée dans le domaine dit « culturel ».
Pérennisation de deux ateliers de pratique «amateur» au sein même du théâtre et programmation d'un spectacle réalisé dans la saison.
Formation d'un atelier d'enseignement supérieur avec les élèves des classes A3 désireux de prolonger leur pratique lycéenne.
Création de Théâtre en Liberté sous la direction de Michel Simonot, artiste associé depuis mars 2005. Cette initiative avait pour perspective de créer des spectacles plus particulièrement inspirés de la vie du territoire.
Coproduction et collaboration avec le Service Municipal de la Culture d'un festival « jeune public », Et moi alors ? , programmé pendant quatre semaines.
Depuis 2005, en collaboration avec Les Rencontres Chorégraphiques Internationales de la Seine-Saint-Denis , la programmation de la danse est désormais inscrite chaque année en juin au Théâtre Gérard Philipe.
Alain Ollivier aura mis en scène au Théâtre Gérard Philipe : Les Nègres de Jean Genet, L'Exception et la règle de Bertolt Brecht, Pelléas et Mélisande de Maurice Maeterlinck, Les Félins m'aiment bien de Olivia Rosenthal, Le Marin de Fernando Pessoa et Le Cid de Pierre Corneille.
Daniel Jeanneteau, pendant son association au Théâtre Gérard Philipe, a mis en scène La sonate des spectres de August Strindberg, Anéantis de Sarah Kane, Adam et Ève de Mikhaïl Boulgakov.
en savoir plus : compagnie.alain-ollivier.net
Notes
*C'est Patrick Bouchain qui avait reconverti un ancien atelier de ferblanterie pour le Studio-théâtre de Vitry qu'Alain ollivier a dirigé de 1983 à 2001
*Éditions Verticales, 2002. |